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Les Glaneurs et la glaneuse
Agnès Varda (Réalisateur)
Date : 2000 - Durée : 01h22
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Partout en France, à l’orée des années 2000, Agnès Varda a rencontré des glaneurs et des glaneuses souvent poussés par la nécessité, parfois par un choix de vie. Patates, pommes, raisins et autres nourritures jetées, objets mis au rebut sont leur maigre viatique. La cinéaste glane de son côté des images en s’interrogeant sur sa vie et son métier. Le sujet, placé sous le signe du célèbre tableau de Millet, est introduit par la lecture du dictionnaire qui rappelle l’origine ancienne du glanage et son sens très concret : ramasser sur le sol ce qui reste après la récolte. Si la poésie se déploie délicieusement tout au long du film, l’exactitude de l’information n’en est pas évacuée pour autant. On assiste ainsi à des épisodes burlesques mettant en scène deux (vrais) avocats, l’un expliquant la législation sur le glanage au milieu d’un champ d’artichauts, tandis que l’autre pérore sur celle des objets abandonnés devant une montagne d’encombrants. Nulle part ailleurs que dans le cinéma d’Agnès Varda, à quelques exceptions près (Moullet, Pazienza…), la veine documentaire ne s’accorde aussi spontanément avec la plus totale fantaisie. Pointant dans la filmographie de Varda après une longue suite de fictions, dont la dernière en 1995 a été un échec cuisant, Les Glaneurs… est le film du retour au cinéma, fait de contacts physiques et d’échanges directs, facilités par l’apparition des petites caméras qui tiennent dans la main. Un « film-je » où la voix d’Agnès Varda joue un rôle de premier plan, selon un parcours qui se construit librement, au fil des associations d‘idées de la filmeuse-glaneuse. Une première étape conduit la petite équipe de tournage dans la Beauce, où cohabitent agriculteurs et glaneurs. Plus tard, des rencontres avec des viticulteurs montrent que la tolérance envers les glaneurs et grapilleurs n’est pas la chose du monde la mieux partagée. Agnès Varda mène aussi son enquête à Paris, sur les marchés où une population assez âgée et aux moyens modestes attend le départ des commerçants pour tenter de récupérer des fruits et légumes réputés invendables. Une occasion de parler de la précarité, comme la récupération d’objets en est une autre de parler de l’art et des artistes, qui sont de grands chineurs d’ustensiles improbables. Le film n’échappe pas à une certaine mélancolie lorsque Varda filme les taches brunes sur sa peau, signe de la vieillesse qui s’installe. Il ne faut néanmoins pas se fier à cette allusion insistante à la (sa) mort : après Les Glaneurs…, la cinéaste devenue plasticienne à l’occasion de plusieurs expositions a continué à nous faire partager sa vie à travers d’autres documentaires, dont l’inoubliable Les Plages d’Agnès.
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Loin de vous j'ai grandi [version audiodécrite]
Marie Dumora (Réalisateur)
Date : 2020 - Durée : 01h42
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Depuis longtemps, Nicolas vit séparé de sa famille, dans un foyer en Alsace. Quand il ne lit pas L’Odyssée en bande dessinée ou qu’il ne joue pas dans les bois avec son ami Saef, le jeune adolescent de 13 ans retrouve parfois sa mère, Sabrina, pour un baptême, une virée à la fête foraine ou une grenadine. Cinéaste et documentariste, Marie Dumora construit patiemment une œuvre considérable, à l’échelle de la vie humaine mais centrée sur un territoire bien délimité, l’Alsace-Lorraine. Cela fait 20 ans qu’elle filme le destin de deux sœurs, Sabrina et Belinda, rencontrées enfants dans un foyer d’accueil, et les personnages qui gravitent autour d’elles entre Mulhouse et Forbach. Loin de vous j’ai grandi évolue par allers-retours entre la petite enfance et l’adolescence de Nicolas, le fils de Sabrina, dont le baptême clôturait l'un des précédents films de Dumora, Je voudrais aimer personne (2008). Dans ce film, Sabrina exprimait devant la caméra sa difficulté à remplir son rôle de jeune mère de 16 ans. Quelques mois plus tard, elle devait placer Nicolas en foyer, vouant son fils à l’existence solitaire qu’elle avait elle-même connue. Le nouveau film propose une boucle, du baptême de Nicolas à celui de sa petite sœur, événement important pour la vie du garçon car Sabrina a créé autour de son deuxième enfant un nouveau cocon familial dont l’aîné est exclu. Marie Dumora filme les effets du temps et surtout, de la distance. Nicolas lui dévoile son monde intérieur depuis l’intimité de sa chambre, un monde auquel sa propre mère n’a pas ou peu accès. Certaines familles ont pour mythe fondateur la tragédie et la rupture. Non loin du foyer où habite l’adolescent se trouvait un camp d’internement nazi dans lequel les arrière-grands-parents de Nicolas ont été déportés pendant la seconde guerre mondiale en tant que membres de la communauté yéniche, une ethnie semi-nomade de l’Est de l’Europe. De la petite à la grande histoire, la trajectoire de Nicolas, émerveillé par les récits d’aventure d’Homère et de Jack London, devient une épopée moderne, comme si le nomadisme se transmettait à travers les générations. Le jeune garçon dévore les aventures d’Ulysse dans l’Odyssée et se sent prêt à traverser les mers, comme son ami Saef qui a beaucoup voyagé avant d’émigrer en Alsace. Le personnage mythique caractérise, encore une fois, le passage du temps. Nicolas, à son image, a grandi en exil loin des siens et devra trouver sa place dans sa famille et dans le monde.
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Soul Kids [version VO/SME]
Hugo Sobelman (Réalisateur)
Date : 2019 - Durée : 01h15
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À Memphis, l’une des villes les plus sinistrées des États-Unis, la Stax Music Academy fait figure d’oasis. Fondée sur l’héritage du label légendaire de musique des années soixante, cette école de musique permet à des adolescents de comprendre l’Histoire afro-américaine à travers la découverte des plus grands tubes de la soul. Des années 50 à la fin des années 70, Memphis fut le berceau d’un grand pan de la musique populaire. Elvis Presley invente ici le rock'n' roll et le label Stax records propulse une nouvelle musique en tête des charts américains, la soul, combinaison de gospel et de rhythm and blues. À l'époque, la Stax n'a qu'une rivale : la Motown de Détroit et son usine à feel good hits . Mais à Memphis, au cœur d’un Tennessee fortement marqué par la ségrégation raciale, les voix d’Otis Redding, Mavis Staples ou Isaac Hayes se font plus militantes que celle de Diana Ross ou des Jackson five. De la création du label en 1958 jusqu’à son dépôt de bilan en 1975, la Stax accompagne les mouvements pour les droits civiques qui secouent la ville et tout le pays. La tension sociale est à son comble au moment du vote du Civil rights act, une loi fédérale qui rend la discrimination raciale illégale, finalement promulguée le 7 juillet 1964 par le Président Johnson. Martin Luther King est assassiné dans un motel de la ville le 4 avril 1968 et des émeutes embrasent le pays. Depuis les années 2000, la Stax Music Academy ranime le Memphis sound au sein d’un vaste programme éducatif financé par des fonds privés philanthropiques. Car, dans la River City, près de la moitié des moins de 18 ans vivent au-dessous du seuil de pauvreté, contre 14 % au niveau national. Dans le quartier Frayser, l’un des plus dangereux de la ville, le ténor Johnathon dit s’en être sorti grâce à son statut de chanteur : “Don’t mess with him, he can sing”. Voilà que la musique peut sauver de la spirale des gangs. Dans la lignée de la non-violence prônée par le pasteur King, cette école de musique est l’un des remparts pour lutter contre les inégalités et le racisme. La citoyenneté s’apprend à l’occasion de cours et de débats. Des intervenants comme Chandra Williams, artiste et directrice du Crossroads cultural art center à Clarksdale (Mississippi) se différencient radicalement des discours racistes entendus pendant le mandat du Président Trump. Comment les afro-américains peuvent-ils lutter contre la stigmatisation dont ils sont les victimes ? En restant proche de leur culture et de leurs racines. Cet héritage se transmet à travers la musique dans ce lieu emblématique de la culture afro-américaine. La soul fait briller les individus, leur donne du courage et les réconforte. Chanter pour les autres donne un sens à leur futur en les inscrivant dans la société. Les Soul kids lancent un appel universel à la réconciliation entre les communautés.
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Derniers jours à Shibati
Hendrick Dusollier (Réalisateur)
Date : 2017 - Durée : 01h00
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En Chine, comme dans la plupart des centres urbains des pays développés ou en cours de développement, la pression sur les terrains constructibles est forte. À Pékin, les Hutongs, les vieux quartiers et leurs ruelles étroites bordées de maisons basses, ont été rénovés au cours des vingt dernières années, laissant place à des immeubles de grande hauteur, des complexes hôteliers et touristiques. À Chongqing, ville tentaculaire de 34 millions d'habitants de la province du Sichuan (Centre de la Chine), les derniers habitants d'un quartier traditionnel vivent en quasi autarcie, entourés ou plutôt encerclés par les gratte-ciels géants de la ville-lumière, dont les enfants s'approchent le soir, attirés et hypnotisés par la forte luminosité ambiante. C'est le cas de Zhou Hong, petit garçon tiraillé entre une famille restée à l'écart du progrès technologique (les parents ont peur de prendre l'ascenseur) et l'appel de la ville moderne, porteuse d'une promesse d'avenir. Dans cet espace un peu lunaire, le réalisateur a du mal à trouver sa place car il ne parle pas la langue. Objet des risées de la population, qui voit en lui un excentrique, il ne doit son ancrage dans le quartier qu'aux liens d'amitié qu'il tisse avec deux personnes en marge de la société des adultes : l'enfant et une vieille femme originale, Madame Xue Lian, qui trône sur une déchetterie d'objets hétéroclites, destinés à perpétuer son quartier, sa culture, ses convictions. Film mélancolique et crépusculaire, "Derniers jours à Shibati" fait montre d'une empathie profonde pour tous ceux qui résistent au rouleau-compresseur d'une modernité tyrannique.
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En travail
Anne-Sophie Bailly (Réalisateur)
Date : 2019 - Durée : 00h49
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"En travail" témoigne de la pratique quotidienne des jeunes sages-femmes et internes en obstétrique de l'hôpital André Grégoire de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Ce film d’école est avant tout un projet personnel, comme l’explique la réalisatrice, Anne-Sophie Bailly : « La première fois que ma jeune soeur m'a raconté qu'elle avait fait une césarienne, je suis restée saisie. Qu'une aussi jeune femme puisse faire accoucher, de cette façon, alors qu'elle n'avait pas encore d'enfant, me paraissait incroyable. C'est de cette image qu'est venu mon désir de filmer les soignantes. Je n'ai été entourée que de femmes soignantes depuis mon plus jeune âge, au premier rang desquelles ma mère infirmière. J'ai grandi avec les hôpitaux qui sont des lieux que j'ai toujours trouvés puissamment cinématographiques. J'avais envie de raconter ce rapport au corps des autres, qui est aussi un rapport au sien propre. »Le film se concentre d’entrée de jeu sur son sujet et, sans temps mort, nous propulse dans cet environnement très particulier de l’hôpital public. Des jeunes soignantes sont confrontées à des parcours de vie hétérogènes, à des femmes qui sont en attente de donner la vie sans savoir ce que cette vie leur réserve, à elles et à leur descendance. Dans ce contexte où tout peut arriver, le meilleur comme le pire, la confrontation avec l’intime et la fragilité la plus extrême de l’être humain sont de nature à marquer fortement l’esprit des médecins et infirmières, seuls remparts humains face à la détresse, aux difficultés, à l’inquiétude des futures mères qui ne sont plus maitresses de leur corps mais vont l’ouvrir à d’autres. Ainsi, celles qui se considèrent avant tout comme des techniciennes de l’accouchement, découvrent à leur corps défendant tout l’investissement psychologique et émotionnel que leur métier implique. Si, comme l'affirme une sage-femme, une nuit en salle de naissance « c’est la guerre », alors cette guerre mérite d’être menée avec un objectif vertueux, d’un côté comme de l’autre : prendre soin de nous.
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A Bigger Splash
Jack Hazan (Réalisateur)
Date : 1973 - Durée : 01h46
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Dans l’une de ses toiles les plus célèbres, le peintre britannique David Hockney offre un précipité saisissant de ses émotions et de sa mélancolie après une brutale rupture amoureuse. A bigger splash est un plongeon dans l’intimité du peintre, le portrait d’un grand artiste et de son expérience créative. Terminée en mai 1972 et exposée depuis dans les plus grands musées du monde, Portrait of an artist (pool with two figures), est une œuvre majeure du peintre réputé pour ses pool paintings. Empruntant à l’iconographie du nu au bain, David Hockney représente sa muse perdue, le peintre Peter Schlesinger. Debout au bord d’une piscine, celui-ci semble suspendu dans sa contemplation, ensorcelé par la silhouette subaquatique d’un nageur. Le peintre révèle ainsi son amour blessé et le désir de son ancien compagnon pour un nouveau partenaire. Jack Hazan s’inspire de la méthode Hockney pour son film, dont le titre emprunte à l’une des toiles les plus connues de Hockney, A Bigger Splash (1967). Tout comme le peintre de l’hyperréalisme travaille d’après photographie, Jack Hazan met en scène le processus de création de l'œuvre en mettant en tension le réel avec la fiction. Sa fiction-documentaire se donne comme le making-of d’une œuvre réalisée avec la participation active de l’artiste lui-même. Brouillant constamment les frontières entre le réel et l’illusion, Hazan inscrit les plus proches complices du peintre dans les toiles qu’il compose. Ses plans multiplient les jeux de miroir pour suggérer la circulation féconde entre la vie et l’art. Outre Peter Schlesinger, le galeriste John Kasmin ou les stylistes Celia Birtwell et Ossie Clark, d’autres proches jouent les seconds rôles pour montrer le faisceau d’influences artistiques et économiques qui travaillent le peintre. Car le film est sans doute l’un des premiers à mettre en scène les commanditaires, qu’ils soient galeristes ou collectionneurs, et leur relation ambivalente à l’artiste. En 1973, deux contre-cultures se conjuguent avec David Hockney. La culture gay du Swinging London et son excentricité vit ses derniers feux. Mais une nouvelle vague californienne s’impose, exaltant la beauté solaire des corps dans le Summer of love, en témoigne le ravissement de l’artiste pour l’Eden américain. “Je dois avouer avoir pris beaucoup de plaisir à travailler sur cette toile. Mon travail a été d’une rare intensité. L’expérience a été merveilleuse et vraiment palpitante.” La fascination du peintre pour les piscines offre à notre regard la beauté chatoyante de l’illusion du désir, et son revers profondément mélancolique.
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Michel Leiris, souvenirs Soupault
Bernard Monsigny (Réalisateur)
Date : 1990 - Durée : 00h32
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Cet entretien filmé, réalisé en 1988 par Bernard Monsigny, est le seul du genre auquel se soit prêté Michel Leiris (1901-1990). Interviewé, peu avant sa mort, dans son appartement parisien de l'Île Saint-Louis, il parle du groupe surréaliste dont il a fait partie dans les années vingt et de sa rencontre avec l'écrivain Philippe Soupault, "homme très vif, à la présence très intense, le plus direct et le plus spontané des Surréalistes". Philippe Soupault fut, avec André Breton, l'auteur des "Champs magnétiques", premier ouvrage à expérimenter l'écriture automatique, "livre admirable, merveilleux, qui ouvrait des portes et apportait quelque chose de tout à fait neuf". Leiris clôt cet entretien sur sa conception de la poésie, son admiration pour Rimbaud, mais plus encore pour Mallarmé, "exemple d'homme à la fois beau, véridique, bon", qui demeure pour lui "le poète exemplaire".
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Mémorable
Bruno Collet (Réalisateur)
Date : 2019 - Durée : 00h12
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Mémorable, le mot qualifie en général un événement important dont on se souviendra longtemps. Dans l'histoire de Louis, artiste-peintre auquel André Wilms prête sa voix, et de sa femme Michelle, le mot prend un tout autre sens, celui de la perte progressive de la mémoire dûe à une maladie neuro-dégénérative. Bruno Collet, cinéaste d'animation rennais dont l'oeuvre oscille entre cinéma de genre ("Le Petit Dragon") et documentaire animé ("Le Jour de gloire"), a découvert dans l'oeuvre du peintre anglo-américain William Utermohlen, atteint de la maladie d'Alzheimer, l'inspiration visuelle de son film. Comme Utermohlen, qui s'applique à dessiner des autoportraits de plus en plus flous et monochromes, Bruno Collet symbolise la perte des fonctions cognitives de Louis par l'effacement graduel de Michelle, réduite à quelques taches de couleur au stade ultime de la maladie de son mari. De facture étonnament réaliste, le film met pourtant en scène des marionnettes de 30cm animées en "stop-motion". Cette technique très ancienne, popularisée dans les années quatre-vingt-dix par le studio Aardman de Bristol (Wallace et Gromit), est la technique favorite de Collet, qui fabrique lui-même les prototypes de ses personnages à l'aide d'une pâte à modeler aux propriétés particulières, la plastiline. Il fabrique aussi les décors et les objets parfaitement identifiables qui peuplent les différentes pièces de la maison, donnant aux spectateurs une impression de déjà-vu, de familiarité et de naturel, ce naturel que l'on retrouve dans les dialogues entre les différents personnages, toujours teintés d'humour. Oeuvre d'art à part entière, le rendu visuel du film s'inspire de quelques grands artistes du passé, Van Gogh surtout, mais aussi Giacometti, Hopper..., qui apportent une touche d'imaginaire bienvenue à une situation qui n'est que trop réelle.
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Demons in Paradise
Jude Ratnam (Réalisateur)
Date : 2018 - Durée : 01h34
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S'estimant victimes de ségrégation et de violences de la part de la majorité cinghalaise bouddhiste du Sri-Lanka (ex-colonie britannique de Ceylan), les Tamouls, minorité hindouiste de l'île, ont pris les armes en 1972, déclenchant onze ans plus tard une guerre civile qui a officiellement pris fin en 2009, avec un bilan de plus de 100.000 morts, plusieurs centaines de milliers de réfugiés tamouls et le souvenir pesant des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis de part et d'autre. Les journalistes et observateurs étrangers n'étant pas les bienvenus au Sri-Lanka depuis la fin de la guerre, le travail de Jude Ratnam, rescapé du massacre de juillet 2003 où 3000 civils tamouls ont perdu la vie, est particulièrement précieux. D'un traumatisme d'enfance, Ratnam avait cinq ans en 1983, est né un furieux besoin de faire reculer la peur en convoquant, non la vérité officielle, partielle et partiale, mais les vérités de ceux qui ont stigmatisé par leurs actes ou leur silence une partie de la population et de ceux qui ont tenté de façon jusqu'au-boutiste de construire un état tamoul, séparatiste et ethniquement pur, dans le nord du Sri-Lanka. Ce besoin passe par le cinéma, une évidence pour le cinéaste : "J’ai passé de longs mois à me demander comment enrayer ce processus inéluctable. Comment atteindre un être là où il est sensible, comment toucher son émotion autant que son intelligence ? Mon amour du cinéma, comme spectateur et comme étudiant en communication, m’est apparu un jour comme une évidence. Je devais faire des films." Fort de ce projet cinématographique auquel il veut donner une dimension cathartique, Ratnam rassemble des témoignages de Tamouls et de Cinghalais. La plupart sont filmés de nuit car le gouvernement sri-lankais impose le silence et pêche l'amnésie. Personnage central du film, l'oncle de Jude Ratnam est revenu du Canada pour rencontrer les voisins cinghalais de son village, qui l'ont caché avec toute sa famille au moment du pogrom. Dans cette scène de retrouvailles, vibrante d'émotion retenue, le film atteint enfin son acmé : à travers la terreur et la nuit, il semble possible de trouver une voie vers la réconciliation.
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Léon Poliakov, historien du racisme et de l'antisémitisme
Emil Weiss (Réalisateur)
Date : 1996 - Durée : 00h53
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Né à Saint-Petresbourg en 1910, originaire d’une famille juive complètement assimilée, Léon Poliakov n’était pas destiné à devenir historien de la condition juive: «Je bénéficiais dans l’adolescence d’une bonne connaissance de trois grandes cultures, seule la juive manque à l’appel». Dans ce film, Léon Poliakov répond à des questions d’ordre général sur son propre travail, sur sa perception de l’antisémitisme actuel, sur les hommes qui ont influencé ou accompagné sa pensée, sur les paradoxes qui nourissent sa pensée philosophique. Il répond également à des questions biographiques, et des questions concernant son œuvre, notamment son "Histoire de l’antisémitisme" (4 tomes parus entre 1956 et 1977), ainsi que "Le Bréviaire de la haine" et "Les Totalitarismes du XXème siècle". Les entretiens ont été enregistrés dans sa maison à Massy et au Centre de documentation juive contemporaine dont il fut l’artisan. Ils sont ponctués d’images d’archives et de photographies.
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L'Île au trésor [version audiodécrite]
Guillaume Brac (Réalisateur)
Date : 2018 - Durée : 01h37
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Déjà remarqué pour un premier long métrage "Tonnerre" et un moyen métrage primé dans plusieurs festivals "Un monde sans femmes", Guillaume Brac choisit l'île de loisirs de Cergy-Pontoise comme décor de son deuxième long, "Contes de juillet". Pendant l'été 2017, il y tourne aussi un documentaire, "L'Île au trésor", dédié à son frère Clément et à l'enfance éternelle. «C'est un lieu que j'ai connu petit, mes parents m'y emmenaient. J'ai grandi dans un milieu privilégié, protégé, contrairement aux enfants que je filme. J'ai grandi avec l'envie de sortir de ce cocon d'enfant protégé et sérieux, j'aspirais à être comme ces enfants en toute liberté.» Comme le titre le suggère, l'accent est mis sur l'enfance, la quête d'un paradis sur lequel le monde extérieur n'a pas de prise et l'aventure sous toutes ses formes, y compris la forme transgressive lorsque des petits "pirates" tentent de resquiller. Les enfants s'approprient immédiatement les lieux et l'investissent de leurs jeux et de leurs rires, dans une nature certes partiellement factice, mais qui ménage à l'imaginaire enfantin un espace d'épanouissement presque illimité. Aussi loin que porte le regard, on ne voit que de l'eau, des arbres, du sable et de sympathiques équipements permettant de s'initier au kayak, au surf, au ski nautique, ou plus simplement de patauger dans l'eau et de faire des pâtés sur la plage. Les adultes ne sont pas moins intéressés par le lieu, qu'ils soient employé chargé des pédalos ou conducteur du train touristique, qu'ils viennent de la banlieue ou de beaucoup plus loin. Pour les uns, c'est un peu une façon de prolonger l'enfance, pour les autres, c'est retrouver l'écho d'un paysage ou d'une ambiance de leur pays d'origine. En observateur bienveillant, Guillaume Brac est allé cinq jours durant à la rencontre de ce peuple en vacances, heureux de partager les moments de liberté et de détente sans pour autant essayer de gommer l'envers du décor: la mélancolie du temps qui passe et fuit, un été qui se termine et renverra bientôt les insouciants hédonistes vers la chaleur du foyer, s'ils en ont un.
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Soldat bleu = Soldier Blue